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MUSEE ARTHUR RIMBAUD

Si j’ai du goût, ce n’est guère

Que pour la terre et les pierres

(Fêtes de la faim, août 1872).

 Un antagonisme peut apparaître entre Rimbaud et le musée, même s’il est avéré qu’il a fréquenté le Louvre,le British Museum, et même si son oeuvre fait apparaître des images muséographiques, en particulier dans les Illuminations (« Hampton-Court » dans Villes ; les « Chinoises de Boucher » dans Fête d’hiver).

Il importe de lui réserver un musée d’un type particulier, qui soit un lieu poétisé,en même temps qu’une évocation de sa poésie, et qui donne à voir l’éclatement, la rupture, le contraste,l’errance, qui caractérisent à la fois son oeuvre et son destin.

Dès ses premiers vers, Rimbaud fait de la fuite, du départ, de la marche, un principe existentiel, qu’il conservera jusqu’à la fin de sa vie.

Un musée risque toujours d’enfermer celui qui adorait la « liberté libre » :« Que voulez-vous ? Je m’embête affreusement à adorer la liberté libre […] » (lettre à Georges Izambard, 2 novembre 1870).

Un musée Rimbaud sera donc nécessairement un espace libre, où l’homme aux semelles de vent ne soit pas enfermé et qui donne au visiteur, en même temps que le goût de la poésie, celui de la liberté.

Le nouveau musée Rimbaud est une rupture, un décalage avec les lieux d’expositions traditionnels, une expérience créant une intériorité en dissonance avec l’enveloppe extérieure, participant à l’immersion du visiteur hors du temps.

Dans ce lieu, ainsi libéré et déstructuré, la pierre structure l’ensemble de la conception; module scénographique, prisme structurel, repère spatial, rythmant l’espace et le regard, la pierre, que Rimbaud associe à la terre dans Fêtes de la faim, est aussi un objet qu’il investit de sa mobilité existentielle, qu’il associe à l’air dans les mêmes Fêtes de la faim et à la marche, à la liberté, à la nature et à l’itinérance ;

Lorsque, dans Ma Bohême, il imagine que dans sa course, « Petit Poucet rêveur », il égrène autant de cailloux qui sont des rimes. Elle est associée dans « Nuit de l’enfer » (Une saison en enfer), où l’eau, qui constitue l’autre grand élément rimbaldien la recouvre : « Ah ! l’enfance, l’herbe, la pluie, le lac sur les pierres, … »

 

Pénétrant dans ce lieu, le visiteur découvre un monde nouveau.

Un lieu dégagé a priori de toute condition temporelle et spatiale, comme dans Barbare (Illuminations) : « Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays… », de manière à plonger le visiteur dans un espace poétique suggérant la démesure, le chaos, le recommencement, installant une réalité nouvelle, une vision hallucinée.

 

  • Type: Réhabilitation, scénographie
  • État: Concours
  • Année: 2012
  • Ville: CHARLEVILLE-MEIZIERES
  • Client: Ville de Charleville-Méiziéres
  • Superficie: 1250m²
  • Budget: 3,6 M€ T.T.C.
  • Équipe: Stéphane Malka Architecte mandataire, TDA architecte local, Zen D+Co scénographes, Eranthis paysagistes,Gecibat bet structure et fluides,André Guyaux spécialiste Rimbaldien, Tristan Spella infographiste, Naomi Sakamoto traductrice